Theoparvis Blog

La Théodiversité sur les Parvis, une expression de nos convictions à partir de notre vécu en lien avec l’Evangile. Groupe de recherche “Théodiversité” des Réseaux du Parvis.

Vivre, aujourd’hui, dans l’Esprit de l’Evangile

Publié par theoparvis le février 1, 2012

Vivre, aujourd’hui, dans l’Esprit de l’Evangile.

Au cours de l’histoire des peuples, l’expression des croyances et des convictions a  toujours été exprimée par les femmes et par les hommes dans un contexte culturel, social, économique, politique. 

Dieu n’a jamais parlé, il n’y a que les femmes et les hommes qui parlent, écrivent, disent leurs réflexions, leurs analyses, leur lecture des évènements.

L’importance de la Parole :

Les grands récits de l’humanité nous montrent que la parole participe à la création de l’humanité : « au début il y a la Parole et la Parole a pris corps » nous dit l’Evangile de Jean.

Le mot « parole » vient de « parabole ». La parabole dans les mathématiques désigne un trajet qui contourne un objet pour le saisir et qui le rate. Parler n’enferme pas le vécu. C’est une représentation, une approche, tout reste à faire. C’est le manque qui est la source du désir, de la créativité, de la vie.

La Parole permet de créer, de nommer les êtres et les choses, les évènements, donner de la signification à partir de son histoire, de ce que nous vivons en relation avec les autres. C’est une recherche de sens. « Il n’y a pas de réalité en dehors d’une théorie qui la nomme » nous dit Einstein.

«  A travers chaque parole passe un peu du premier jour qui crée le monde » Jean Debruynne.

L’écriture des grands récits :

Les grands récits que nous retrouvons dans la Bible, sur des stèles, dans des manuscrits nous montrent qu’ils sont écrits à partir de textes antérieurs et à partir d’une tradition orale. Ce sont des textes vivants qui sont écrits, réécrits, modifiés selon les contextes. Les Tables de la Loi s’inspirent des codes antérieurs retrouvés dans les recherches archéologiques. Les textes des Evangiles ont été écrits de nombreuses années après la mort de Jésus de Nazareth. Ils ont pour contenu la tradition orale, les références à la Bible, la relecture à partir de l’affirmation de la résurrection et le vécu des premières communautés. 

Nous ne sommes pas dans la répétition des textes mais dans la création de nouveaux récits de vie qui naissent et se développent dans un contexte social, économique et politique. Ces différentes réécritures des textes Bibliques se sont arrêtées à partir du 4ième siècle de notre ère.

Heureusement, de nombreux autres textes et livres sont apparus. Il est nécessaire de réécrire de nouveaux textes aujourd’hui dans la continuité et l’actualisation de l’Esprit des Evangiles.

Nous sommes paroles et actions :

Les valeurs judéo-chrétiennes transmises par les textes, au cours des siècles s’incarnent dans des actions.

Les religions ont permis la diffusion des valeurs de justice, de solidarité, de pardon… L’aide aux pauvres… 

Dans notre époque de sortie de religion nous constatons que les valeurs évangéliques qui imprègnent notre société sont souvent vécues par des personnes engagées dans des groupes, mouvements, associations qui militent pour plus d’humanité.

De ce fait, vivre nos croyances et nos convictions, c’est aujourd’hui rejoindre ou être à l’initiative d’actions qui mobilisent comme l’aide aux exclus,  le refus du pouvoir de la finance, la dénonciation des inégalités, le refus du traitement inhumain des étrangers…

C’est pourquoi, il me semble qu’aujourd’hui, c’est en rejoignant les groupes qui militent pour plus d’humanité que nous pouvons vivre nos croyances et nos convictions.

Nous pouvons rejoindre différents groupes qui ont fait la preuve de réflexions et d’actions au service de l’humanité : Amnesty International, l’ACAT, RESF, ATTAC, les Cercles de silence, la Vie Nouvelle, la pastorale des migrants, la Cimade, les groupes qui militent pour la protection de la planète etc…

Signons des appels contre le désarment, pour la recherche de plus de démocratie dans nos institutions. 

Soyons à l’initiative de réflexions et d’actions pour une recherche de plus d’humanité dans le sens des Evangiles.

C’est rejoindre la vie de Jésus de Nazareth : l’Esprit des Béatitudes, la rencontre avec la Samaritaine, les foules en recherche de nourriture, une faim de la Parole et du pain, la dénonciation des richesses amassées que pour soi-même…

Cette soif du divin s’exprime dans ce désir, cette recherche de libération intérieure, cette libération en lien avec les autres. 

C’est affirmer Sa Présence vivifiante qui nous anime lorsque nous sommes réunis en son nom. A travers notre vécu, nos pratiques. A travers l’humain il y a du divin, de l’infini. C’est le passage de l’humain au divin, la Pâque. Recherchons ce qui est ressuscitant et vivifiant dans notre humanité tout en vivant l’incertitude et le doute qui sont toujours présents sources du désir et de créativité.

Nous sommes donc renvoyés à nous-mêmes, dans l’absence d’une parole sûre, finie, dogmatique, à répéter,  mais dans une parole, des gestes, des vécus des actions toujours à créer, à renouveler. C’est l’expérience de l’absence, du tombeau vide qui crée du désir comme un appel à vivre. Le manque-à-être crée du vivant, des êtres qui disent, vivent et croient.

« Nous cherchons Dieu dans la prière et nous y découvrons l’absence qui creuse au cœur le goût de l’Autre. L’homme de désir, dévissé de son prie-Dieu, est libre de travailler à transformer le monde, non plus pour le réduire à soi-même et tenter d’en occuper toutes les places, mais pour le rendre à lui-même en assurant sa place d’homme unique entre les autres » (Denis Vasse –le temps du désir-).

Nous sommes appelés à vivre des transformations. 

Pour créer et inventer le style de vie de Jésus de Nazareth aujourd’hui, nous avons besoin d’être à l’écoute de l’Esprit des Evangiles et d’étudier notre contexte social, culturel, économique… pour inventer un style de vie qui corresponde au message et au sens donné par les récits fondateurs de nos croyances.

Jésus de Nazareth a vécu, rencontré des personnes. Il a pris position par rapport aux différents groupes de son époque. Il a pris du temps pour la méditation, la prière. Son enseignement a souvent remis en cause les évidences de l’époque.

 Alors, regardons vers l’avenir, le futur reste à construire. Espérer dans l’avenir, c’est redonner de l’attente, du désir pour « réenchanter le présent en y introduisant de l’avenir » comme nous le dit Jean-Claude Guillebaud (le Goût de l’avenir).

                                                                                                                                 Le 28 janvier 2012

                                                                                                                                     Maurice Elain

 

 

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Evangile et Société par Jacques Gaillot

Publié par theoparvis le janvier 11, 2012

EVANGILE ET SOCIETE par Jacques Gaillot

A l’invitation du groupe NSAE 15 – Cantal, Jacques Gaillot a donné une conférence sur ce thème lors d’une soirée à Aurillac dans la salle municipale de la Montade, le 27 octobre 2011.

EVANGILE. Pour moi, j’ai toujours été -  et je le suis encore – fasciné par l’Evangile. Il est pour moi synonyme de liberté, message  tellement novateur pour l’humanité ! Et donc, je vous donne quelques caractéristiques.

La première, c’est la liberté de l’individu.
  Jésus rencontre sur sa route des gens qu’il ne pensait pas rencontrer, hommes et femmes qui surgissent sur la route. Et qu’est-ce que fait Jésus ? Il les remet à eux-mêmes, à leur liberté, à leur vérité d’hommes et de femmes et pour cela, il reconnaît leur dignité. La seule attitude qui puisse libérer quelqu’un, c’est de reconnaître sa dignité. C’est ce que Jésus fait : il les regarde, les écoute et fait en sorte qu’eux-mêmes puissent s’en sortir et vivre librement. Donc, c’est un message de liberté. Et l’individu passe avant la famille, avant le clan, avant le groupe, avant la communauté : c’est très novateur à l’époque [vous savez !] C’est l’individu qui est premier : et l’individu passe avant la Loi, avant le shabbat et avant le Temple.
 Ce qui est sacré, ce n’est pas le temple, ce n’est pas le shabbat, c’est l’homme, l’être humain. Il n’y a rien d’autre qui soit sacré que l’être humain. Un lieu n’est sacré que s’il y a des gens dedans. Quand il y avait des sans-papiers qui campaient dans une église à Paris, comme l’église St Ambroise, je disais aux gens et aux médias : « ces gens ont occupé l’église et donc elle est sacrée puisqu’ils sont dedans ». Voyez, c’est formidable. On m’a dit : « mais c’est des musulmans ! » Et alors ? Mais ce sont des êtres humains ! SI on expulse des étrangers d’une église – et ça s’est fait à St Ambroise – on désacralise l’église ! L’être humain est au centre. Et ça, Jésus le fait régulièrement, voyez, et il rencontre beaucoup d’opposition. L’Être humain est au centre.

Et puis une deuxième chose qu’on trouve dans l’Evangile, c’est la fraternité.
 Vous êtes tous frères. Et pour Jésus, il n’y a pas de hiérarchie entre les êtres humains ; il y a des responsabilités variées, oui, des fonctions variées mais les êtres humains sont égaux. Nous sommes habitués à travers les siècles à ce qu’il y ait des hiérarchies entre les êtres humains, mais cela vient de nous, de la tradition : c’est véhiculé par nos cultures, par les religions, mais les êtres humains sont égaux. Nous mettons toujours des hiérarchies : entre riches et  pauvres, colonisateurs et colonisés, hommes libres et esclaves, hommes et femmes, noirs et blancs, que sais-je ; votez, toujours des hiérarchies. Jésus fait tomber tout ça ! Comme disait Coluche, « Y en a qui sont plus égaux que d’autres ». Et c’est nous qui faisons cela. Alors, Jésus nous invite à voir, dans le visage de l’être humain, ce qu’il y a d’universel en lui et non pas d’abord ce qui le différencie.
 Je vais quelquefois à la prison de Fresnes, près de Paris et je loge dans la communauté des Spiritains (qui est une communauté importante : on est 50, 60). Et le soir au repas, je dis : « J’ai été voir un détenu à Fresnes ». Et il  y en a un qui me dit : « Qu’est-ce qu’il a fait ? » Je réponds : « J’en sais rien ; je ne pose jamais la question ». Et un autre qui me dit « Est-ce qu’il est croyant ? » Je dis « J’en sais rien ; je ne pose jamais la question. S’il me le dit, c’est bien, s’il ne me le dit pas… » Et il y a un troisième qui me dit : « Mais alors, de quoi avez-vous discuté ? » Je dis : « j’ai écouté la souffrance de cet homme, souffrance qu’il voulait me partager ».  Voyez, c’est l’être humain qui est important, pas ce qu’il a fait, pas ceci ou cela. C’est un être humain, ce qu’il y a d’universel en lui. Voilà, tout ça, c’est une caractéristique de l’Evangile, très importante, et c’est tellement actuel !

Une autre caractéristique de l’Evangile, c’est le choix des pauvres.
 C’est un choix de Dieu qui est déroutant : celui qui est méprisé, délaissé, exclu, Dieu commence par lui. Je me trouvais un jour devant la mairie de Paris, dans une manifestation de sans-papiers, des Africains pour la plupart, des Maliens. Ils avaient été expulsés la veille du gymnase Japy où ils étaient réfugiés. Les CRS les avaient expulsés de façon brutale et ils n’étaient pas contents. Comme le gymnase appartient à la mairie de Paris, ils voulaient manifester devant la mairie et qu’une délégation soit reçue. Ils étaient à peu près 200, 250, et moi j’étais là, au milieu de ces grands Africains.
 Et tout d’un coup, y a un homme qui se dresse devant moi, un blanc, un Français sans doute, et qui me dit : « Et Dieu dans tout ça ? » Je dis « Dieu, il est là, avec les Africains ». Il a dit : « Vous êtes sûr ?  » Je dis « Oui : Dieu est toujours du côté de ceux qui sont en danger, en difficulté ; c’est le cas ». Il me dit alors : « Si Dieu est à côté des Africains, alors il n’est pas avec les CRS, de l’autre côté de la barrière ?! » [Ils sont coquins, voyez]. Je lui dis : « Dieu fait le choix de ceux qui sont en difficulté, mais il n’exclut personne : il commence par les petits, par les pauvres, et il s’ouvre à tous ». Alors, il réfléchit quelques instants puis il me dit : « ça me va bien, ça me va » et il s’en va. [Y a des fois, certains m’aiment bien, voyez]. Donc, il y a ce choix de l’Evangile pour ceux qui sont délaissés, qui sont exclus, et que Dieu identifie aux victimes. « Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Un choix difficile.

Et puis une autre caractéristique de l’Evangile aussi, c’est qu’il y ait séparation entre les pouvoirs spirituel et temporel.
 Jésus ne s’est pas présenté – et il a tout fait pour ça – pour ne pas être perçu comme un messie politique. Pourtant, ils [les Juifs de l’époque de Jésus] sont occupés par Rome et tous voudraient que le messie chasse les Romains. Jésus ne se présente pas comme un révolutionnaire. Il ne cherche pas à défier le pouvoir politique, il s’en méfie. Il le relativise : ce n’est pas son chemin et heureusement ! « Mon royaume n’est pas de ce monde ». Il faut bien distinguer les choses.

Et puis je termine par cette dernière caractéristique dans l’Evangile : c’est la mise en œuvre de la justice et de l’amour qui sont dus au prochain.
 La justice ET l’amour : on ne peut pas les séparer. L’amour suppose la justice. V. Hugo disait : « On fait la charité quand on n’a pas réussi à supprimer l’injustice ». C’est très fort. Quelquefois, quand il y a des manifestations à Paris, il y a de grandes banderoles où on met : « On ne veut pas la charité, on réclame la justice ». Parce qu’on dit : avec la justice, on va aux causes, tandis qu’avec la charité, on va aux effets. On dit : la charité entretient la misère, tandis que la justice la combat en allant aux racines. Donc la charité a mauvaise presse, assez souvent, assez souvent. Donc l’amour ne supprime pas la justice. Et Jésus, comme tous les prophètes, met en œuvre la justice. Et donc, il y a de l’amour qui va au-delà de la justice et qui est dans une logique de gratuité, de surabondance.
 Ces jours-ci, il y a quelqu’un qui m’écrit de Montréal, sur le net, et qui me dit : « Quand on voit ce qu’a fait ce dictateur et comme chrétien, jusqu’où peut aller l’amour pour lui ? ». Alors, je lui dis : «  On ne met pas de limite à l’amour, on ne met pas de limite au pardon ». Comme disait St Augustin : «  La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure ». Et l’amour de Dieu est déconcertant parce que il n’y a pas de limites. Et comme disait  St Paul : « Ce frère pour qui le Christ est mort ».  Donc on ne peut pas dire jusqu’où peut aller l’amour de Dieu. Il n’y a pas de limite et nous sommes invités de temps en temps à avoir des actes de surabondance, des actes gratuits, comme l’a fait le Christ. Dans l’Evangile, il n’y a que des femmes qui ont posé des actes de surabondance, jamais des disciples ! Voilà donc quelques caractéristiques ; il peut y en avoir d’autres : dans l’amour, il faudrait dire l’amour des ennemis, la non-violence, le pardon.
 Donc, je suis frappé par la beauté et la profondeur de l’Evangile. Alors vous me direz : il va y avoir 7 milliards d’hommes bientôt sur la planète et cela va faire un grand nombre qui ne connaîtront ni ne liront jamais l’Evangile, qui n’auront jamais entendu parler de l’Evangile. Oui, peut-être… Il est possible qu’il y ait un certain nombre qui ait eu la chance de rencontrer des hommes et des femmes  qui vivent l’Evangile au quotidien. Et je peux vous dire, et vous le savez par expérience, que beaucoup de gens ont découvert l’Evangile parce qu’ils ont rencontré des hommes et des femmes qui vivaient l’Evangile aujourd’hui, tout simplement. Et ça les a mis en route. Et l’Evangile est fait pour être vécu par les gens,  et ça nous appartient. Voilà l’Evangile pour moi.

Alors, LA SOCIETE, française ou autre.

 Nous sommes dans un monde qui a basculé dans un monde nouveau. C’est la fin d’un monde ; je n’ai pas dit la fin du monde : la fin d’un monde. Et nous assistons à la naissance d’un monde nouveau dont on ne sait pas ce qu’il sera. Et tout va vite, très vite. Ce qui se faisait hier ne se fera pas demain et nous avons l’impression que nous marchons sur un sol qui se dérobe ; et tout va tellement vite ! Aucune institution n’est protégée, pas même l’Eglise. Tout bouge et avec le recul, avec l’âge, on sait que ça va vite. Quand on compare il y a 20 ans, 40 ans, c’est pas croyable ! Il y a d’autres façons de vivre. Aujourd’hui, il faut marcher en innovant : on ne peut pas répéter le passé. Et si on se tourne vers le passé, on devient une statue de sel, comme dans la Bible. Il faut se tourner vers l’avenir Ce n’est pas parce qu’on avait vécu de telle manière, qu’il y avait telle chose, qu’il faut reprendre aujourd’hui. Il faut  innover.
 Au mois de juillet, on m’a demandé de faire un texte pour des jeunes : qu’est-ce que j’aurais à dire à des jeunes d’aujourd’hui ? Qu’est-ce que j’aurais à transmettre ? Alors au début, je m’adresse à un jeune que j’ai connu, qui s’appelle Nicolas, qui est de Lyon, que j’ai rencontré au FSE (Forum Social Européen) à Paris, qui est incroyant, de famille très pauvre. Alors je m’adresse à lui, le connaissant et je lui dis : « Autrefois, les Anciens avaient quelque chose à transmettre quelque chose aux jeunes, leur expérience… Comme en Afrique où on dit que les Anciens sont des bibliothèques. Et bien aujourd’hui, on ne peut plus transmettre pareil, parce que tout a bougé : ça ne sert à rien de dire c’est comme ça qu’il fallait faire etc. ». Non, il faut créer, recréer, et je crois que les jeunes aujourd’hui ont une sensibilité de la société. Ils ont à nous apprendre : il faut les écouter, écouter les Indignés, les jeunes du printemps arabe. Ils ont des choses à dire, parce que mieux que nous, ils ont cette sensibilité de la société qui vient.
 Je sais qu’à Paris, quand les jeunes commencent à manifester, alors la police protège la Sorbonne comme c’est pas croyable ! Parce que c’est le fer de lance : faut pas que ce soit comme en 68 ; y a les canons à eau, y a tout vous savez : faut pas que les jeunes s’emparent de la Sorbonne…
 Donc, on est attentif aux mouvements des jeunes et on a raison : ils disent quelque chose à la société. Donc il faut savoir apprendre, même si l’on est ancien, écouter ce que disent les jeunes et pas seulement dire « Nous, voilà ce qu’on a à dire ». Alors donc, nous sommes dans une société du changement et ce n’est pas fini. Je trouve que c’est passionnant, parce qu’on n’a pas toujours à répéter, on a à créer. Vous me direz, c’est fatigant ; en même temps, c’est plein d’allant ! Il y a quelques caractéristiques de cette évolution, quelques signes des temps que je vous signale comme ça.

Je crois que la première, c’est que nous vivons un dépassement des frontières.
 Le monde nouveau se construit dans le dépassement des frontières : pas simplement géographiques, mais culturelles, religieuses, politiques. On doit vivre dans l’échange ; aucune société ne peut vivre fermée sur elle-même : pas même la Birmanie, l’Iran. On est obligé d’avoir des échanges, c’est important ; nous sommes interdépendants. Les frontières ne sont pas seulement extérieures, mais intérieures. Nous avons des murs de préjugés qui nous empêchent de dépasser nos manières de vivre et de considérer les autres. On peut voyager dans le monde entier mais garder ces murs de préjugés que nous avons vis-à-vis des autres.

Je crois que le second signe des temps, c’est la promotion des femmes partout dans le monde.
 Des femmes qui arrivent aux responsabilités, de plus en plus, aux plus grandes responsabilités. Et c’est un phénomène mondial qui se fait. Il faut s’en réjouir : il est grand temps de voir des femmes qui sont responsables de leur pays : au Brésil en Argentine, en Allemagne, un peu partout, au Liberia. C’est comme ça. Et donc, c’est une caractéristique du monde d’aujourd’hui.

Un autre signe que je signale, c’est l’avancée du droit.
  Une avancée du droit un peu partout. Ce n’est pas facile qu’un pays devienne un Etat de droit. Il faut du temps et c’est toujours fragile parce qu’on est toujours tenté que ce soit la force qui puisse prévaloir sur le droit, alors que la force est au service du droit, et c’est le droit qui protège les citoyens. Alors, même dans un pays comme la France, vous avez de nouveaux droits qui s’ajoutent : pour les enfants  (les droits des enfants) ; les droits des détenus en prison : les détenus ont des droits, on ne peut pas faire n’importe quoi avec eux ; dans les écoles, il y a aussi des droits pour les élèves. Une sorte de protection qui s’étend un peu partout, pour que l’INDIVIDU soit protégé.
             Et puis au plan international : voyez les instances internationales où l’on peut juger les personnes qui ont commis des crimes contre l’humanité. Et il y a des chefs d’Etat, des présidents qui ont peur maintenant de sortir de leurs pays, qui savent que, et bien voilà, ils risquent d’être emmenés dans ces pays pour être jugés. Et c’est une avancée du droit qui est importante. Et qui va continuer

Et je pense qu’une autre caractéristique qu’on peut donner, c’est la prise de conscience de notre lien avec la Nature.
 On a longtemps vécu comme étant au-dessus, comme pouvant faire tout ce que l’on voulait avec la création pour obtenir les richesses dont on avait besoin. Et l’on s’aperçoit que nous sommes liés à la nature, et que la nature peut vivre sans nous mais que nous, nous ne pouvons pas vivre sans elle, et qu’on ne peut pas négocier avec la nature ! Et les effets qu’il y a aujourd’hui font que l’on prend conscience de notre appartenance à la nature : nous sommes des fils du Cosmos ; comme le dit Hubert Reeves : des poussières d’étoiles. Nous appartenons au domaine du vivant. Nous sommes liés à la mère-terre et donc, cela nous fait tomber un peu de notre piédestal pour montrer qu’il y a un respect de la création et qu’il est urgent de prendre conscience de cela.

Autre chose, j’en ai déjà parlé un petit peu, c’est a place des jeunes, en particulier actuellement avec le prin-temps arabe.
 J’avais été invité au mois de février par des Tunisiens, par les DDH, dans le sud de la Tunisie, dans le bassin minier de Gafsa, à Redeyef, où il y a des mines très importantes du pays et il y a 2 ans, il y avait eu des révoltes, des émeutes d’ouvriers car le clan Ben Ali possédait la mine et avait mis beaucoup d’ouvriers à l’écart. Donc il y avait carrément une émeute qui était réprimée très durement, Avec beaucoup de gens emprisonnés, il y avait la torture etc. des procès, et deux ans après, il y avait le printemps arabe, les prisonniers ressortaient et… une grande fête là-bas. Alors, j’ai été émerveillé de voir ces milliers de gens qui étaient debout, là, sur la place et qui étaient libérés de la peur. Autrefois, il y avait cette chape de plomb, personne ne parlait et là, ils sont libérés de la peur. Et je les entendais vraiment demander la liberté, demander la justice, demander la démocratie ; et sans haine, sans violence ! Ils n’en voulaient ni à l’Occident ni aux Etats-Unis, ils voulaient la liberté et la justice. C’était beau, vraiment le printemps arabe !
 Et bien je crois que les jeunes ont quelque chose à nous dire ; les jeunes de la place Tarhir, extraordinaire : ils se rencontraient par dizaine de milliers là, si souvent, pour demander la même chose, sans haine et pacifiquement, et c’était vraiment beau pour moi de voir ça ! Les jeunes, ils ont osé ce que personne n’avait osé faire. Et à Gaza, au mois de février mars, un grand rassemblement de jeunes, à Gaza, sans demander l’autorisation à Abbas, rien du tout !  Rassemblés. Et qu’est-ce qu’ils ont demandé ? Qu’il y ait une réconciliation entre le Fatah et le Hamas en disant : nous avons besoin de l’unité et le peuple palestinien passe avant les partis. C’est extraordinaire. Alors les responsables politiques du Hamas  ont dispersé la manifestation. Comme c’était des jeunes du pays, c’est quand même quelque chose. Et les jeunes disent des choses que les autres ne disent pas.
 Et, puis il y a ce mouvement des Indignés, qui est parti d’Espagne, de la place de Madrid  et se répand un peu  partout vraiment : c’est la même chose, c’est pas politique, il faut les écouter. Il y avait à Madrid sur la fameuse place, une grande inscription sur un mur où ils avaient mis – les jeunes s’adressant aux responsables politiques – « si vous nous empêchez de rêver, on vous empêchera de dormir ». Et bien oui, c’est un petit peu le rôle des jeunes : empêcher les responsables de dormir et  leur dire ! Voilà.

J’ajouterais peut-être encore dans ce mouvement  de ce monde qui vient : c’est la montée  aussi de la non-violence.
 La non-violence, oui. Je fais partie d’associations à Paris, de l’association « Droits devant ! » pour les sans-papiers et le DAL pour le logement, ce sont des associations non-violentes. Et quand il y a des manifestations qui peuvent être un peu chaudes, on rappelle toujours qu’il ne faut pas provoquer la violence et ne pas exciter les CRS. Et ça se passe bien, souvent, et la police le sait. La semaine dernière, il y avait une réunion par une commission de l’Unesco (c’est la décennie pour la non-violence) et devant les excès de la violence dans les collèges et dans les écoles, et bien il y a un livre qui vient de paraître : « Cent questions : la non-violence ». Et donc, ça a été préparé pendant quelques années, et c’est intéressant. Et donc, dans le règlement intérieur des lycées et des collèges, il y a quelque chose par rapport à la non-violence et ce livre pourra aider davantage. Autant la violence fait partie de nous, autant la non-violence est un choix qui est difficile et qu’on est appelé à faire : dans un monde de violence, la non-violence prend toute sa place.
 J’avais une réunion à Orly sur les Palestiniens et dans le débat, curieusement, on est parti sur la non-violence. Alors à un moment donné, il y avait une jeune qui avait je crois 19-20 ans, (Noémie) et qui dit : « écoutez, faut que je vous raconte quelque chose qui s’est passé il n’y a pas longtemps. J’étais dans le métro, et un jeune vient vers moi avec son couteau, et il me dit « donne-moi ton argent et ton portable » Alors la fille le regarde dans les yeux et lui dit : « de l’argent, j’en ai pas. Un portable, j’en ai un, mais tu ne l’auras pas. ». Il dit « Et pourquoi, je l’aurai pas ? » « Et bien parce que j’en ai besoin pour téléphoner à ma copine : je suis à une réunion sur la paix ». « Bon, alors, tu fais une réunion sur la paix ? » « Oui, ce soir ».  Alors, il baisse son couteau, il s’écarte, il revient vers elle et il lui fait un bisou ! Et Noémie dit « je vous assure que c’est vrai, ça s’est passé comme ça : Je faisais partie au lycée d’un groupe sur la non-violence et on m’a appris à regarder l’adversaire sans avoir peur de lui. Je peux vous dire que je l’ai regardé ce jeune, je l’ai pas quitté des yeux, et j’ai pas peur de lui ! » C’est beau, beau cette jeune Noémie, vraiment. Alors les gens, ils étaient comme ça !… C’est un signe des temps qui s’imposera.

Alors vous me direz : «  la société française ? »
 Et bien c’est une société donc laïque, sécularisée, habitée par plusieurs religions, dont l’Islam – qui fait peur à beaucoup de gens – et qui est confrontée, je trouve personnellement, à deux choses que je voudrais détailler un  petit peu.
 La première, c’est qu’il y a un déficit du lien social. Ça me frappe beaucoup, dans une ville comme Paris, je prendrai l’exemple des personnes âgées. Il y a beaucoup de maisons de retraite, beaucoup de personnes chez elles, etc. on fait beaucoup de choses pour qu’elles puissent rester chez elles le plus longtemps possible : bien ; mais il y a une solitude, une solitude affective… Dans à peine deux mois on sera à Noël et il y a  des personnes âgées qui vivent seules le jour de Noël, sans aucun contact, aucune visite, et elles me disent : « c’est le jour le plus pénible de l’année ! » D’une part, parce qu’elles pensent à leurs Noëls d’autrefois en famille, une fête conviviale, de cadeaux, on est heureux de se retrouver en famille à Noël : une fête de famille. Et là les enfants sont grands, ils sont mariés, ils sont partis à l’autre bout de la France, bon etc. La solitude : beaucoup de gens souffrent de la solitude.

Dans les banlieues. C’est vrai que dans les banlieues, ça peut exploser, on ne peut jamais prévoir, mais il y a tous les ingrédients.  Et il n’y a pas de lien social qui s’est fait : c’est pas une question d’argent, c’est une question de liens humains, et y en n’a pas ! Je connais des jeunes de banlieues qui viennent, mettons  à Paris, quand, ils  prennent une consommation au café, on leur demande d’abord de payer : Invraisemblable !  Donc, le lien social, il faut le refaire avec patience, le retisser : difficile. Et souvent un des rôles des citoyens aujourd’hui, c’est de créer du lien. Il y a qui savent créer du lien : dans un immeuble, partout. Je connais en banlieue une HLM :  au 4ème, y a pas d’ascenseur, et il y a une communauté de religieuses qui sont là depuis longtemps : elles ont tissé des liens ; et plus qu’un lien : il y a un réseau vraiment. On les connaît bien : quand il y a une fête musulmane, elles sont invitées, partout elles sont invitées. On les connaît ; elles ont créé du lien. Je leur dis souvent : vous rendez ce service à la société.
 Et puis  le deuxième signe aussi  que je vois c’est la question des  suicides. Beaucoup de suicides, et de suicides de jeunes. J’ai été marqué par beaucoup de cas, vraiment, en particulier des suicides en prison. Il y a au mois de novembre, bientôt, ça va être la troisième année, il y a ce qu’on appelle « les suicides en prison ». Alors sur la place du Trocadéro, en fin d’après-midi, il y a une petite célébration pour faire mémoire de tous ceux qui dans l’année se sont suicidés en prison. Et c’est un diacre de la Mission de France qui est infirmier à l’hôpital de Fresnes, à la prison, qui a pris cette initiative. Et donc, avec un certain nombre d’organismes, on essaye de voir tous ceux qui se sont suicidés dans l’année et au Trocadéro, on lit une litanie et on est quelques uns : moi je suis chargé de lire les suicides qui ont eu lieu au cours d’un mois. Alors on dit le prénom, le jour, le mois, l’année et l’âge. Vous savez, c’est une litanie impressionnante : un tel, tel jour, 20 ans, 24 ans, 18 ans…incroyable ! Morts en suicide. Souvent, c’est des gens qui se sentent abandonnés, qui se sentent seuls et qui  mettent un petit billet, une petite lettre « je suis aimé par personne », « je suis lâché par tout le monde », « Je préfère partir ». C’est terrible ! Ce qui se passe dans les prisons, c’est un peu un miroir de la société. Et il y a, à peu près, un suicide tous les 3 jours en prison : scandaleux ! Alors ça c’est une chose qui ne marche pas dans notre société, et ça va toujours dans le lien social.
 Et puis je terminerai en disant qu’il y a dans la société française une grande injustice. Dans la Bible et chez les prophètes, la justice c’est de faire sa place à l’autre. L’autre doit pouvoir vivre, il doit pouvoir exister. C’est une personne, ça peut être un groupe, ça peut être un peuple : en tout cas, il a le droit d’exister, on lui fait sa place. Or on est dans une société qui exclut pas mal de gens qui n’ont pas leur place : pensez aux Roms, il y en a beaucoup dans la région parisienne ; pensez à tous ces sans-papiers, tous ceux qui sont sur le trottoir au moment où je parle, des familles qui sont sur le trottoir : pas de logement ; et ceux qui n’ont pas de travail. Tous les « SANS ». Ce sont des gens exclus d’un droit fondamental. Et ça c’est une injustice que la société ne peut pas accepter : on ne peut pas accepter que des familles dorment dans la rue : on en peut pas accepter qu’il y ait des sans papiers : ( j’en connais, des Algériens) qui sont en France depuis plus de 10 ans, qui travaillent au noir, toujours pas de papiers). Alors une injustice !…
 Il y a 2 ans, ce devait être le repas de midi à la rue Lhomond, chez les Spiritains et j’étais pressé de partir, à Paris, je ne sais pas ce que j’avais à faire, alors il y a un Africain que je ne connais pas, 40-45 ans, qui me court après et qui me dit « je peux vous voir 2 minutes ? » Et je dis « deux minutes, ça va ». Alors, il s’asseoit et il me dit : « Je viens d’être nommé évêque, au Congo, je vais être ordonné dans 15 jours et j’aimerais que vous me donniez un conseil ». Alors, je n’ai pas hésité et je lui ai dit : « Je te donne le conseil de ne pas accepter l’injustice. Si tu es un évêque qui lutte contre l’injustice alors, comme dit le prophète Isaïe *ta lumière jaillira comme l’aurore*. Je dis : « Tu seras une bénédiction pour ton peuple ». Alors, il me dit : « ça me va bien ». Puis je suis parti. Je n’ai pas demandé son nom, quel était son diocèse : ça m’est égal, mais si jamais il lutte contre l’injustice au Congo, alors ça, c’est formidable. Je n’ai pas dit « mais il faut que tu pries, tu es  un évêque, faut que tu pries, » même si c’est  le numéro un, et c’est le numéro un.
 Mais il y a beaucoup d’injustice et pour les chrétiens, comme je vous le disais tout à l’heure, ce qui est pre-mier, c’est la mise en œuvre de la justice et de l’amour qui sont dus au prochain. Au jugement dernier, on ne me demandera pas combien j’ai célébré de messes dans ma vie, combien de baptêmes j’ai fait, combien de baptêmes et de mariages j’ai béni, on me demandera « Qu’est-ce que tu as fait pour l’étranger, pour le prisonnier, pour ceux qui étaient malades ? » C’est ça. Ce qui est premier, c’est pas la pratique religieuse, c’est la pratique du frère. Dans l’Evangile, l’avenir est à la solidarité. C’est le partage qui rend frères. Et donc ça se vit dans la vie quotidienne : personne n’en est dispensé, même si on est à la retraite : la mise en œuvre de la justice et de l’amour qui sont dus au prochain. Donc ça, c’est à la portée de tout le monde.
 
Retranscription à partir de l’enregistrement  par Anne-Marie Hermet

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Et l’arbre refleurira…

Publié par theoparvis le avril 25, 2011

Claude

Nous sommes des vivants.

Nous pouvons transformer

La haine en rencontre

La violence en pardon

L’exclusion en reconnaissance

L’accumulation en partage

Le mépris en accueil…

Gilbert

Isaïe disait déjà cette espérance :

« Il adviendra dans l’avenir

Que des peuples iront vers la montagne de Yahwé

Il exercera son autorité sur la nation

Et sera l’arbitre de peuples nombreux

Qui forgeront leurs épées

Pour les transformer en socs de charrues

Leurs lances seront transformées en faucilles

Les nations ne lèveront plus l’épée

L’une contre l’autre et l’on ne s’exercera plus à la guerre… »

Ce texte est toujours d’actualité

Il nous appelle à transformer

L’inhumanité en humanité

La violence en solidarité

La peur en sécurité

La fermeture des frontières

En liberté de circulation …

Marie-Thérèse

Au Forum Social Mondial, un Cri :

« Un autre monde est possible

De nouveaux rapports sociaux sont possibles

Nous pouvons changer nos modes de production, de consommation… »

Les événements ne manquent pas :

Les peuples Libyens, Tunisiens, Egyptiens…

Veulent transformer l’oppression en liberté, en justice…

La catastrophe nucléaire au Japon

Appelle à transformer les modes d’énergie

Car tous les peuples sont maintenant reliés

La catastrophe de l’un devient catastrophe pour tous

Et aussi élan de solidarité.

Maurice

Tous ces évènements sont un appel

Pour passer de l’inhumanité à plus d’humanité

De l’esclavage à la liberté

Du profit pour quelques uns, au partage

De l’injustice à la justice.

Transformer les conditions de vie des exclus

Réfléchir en termes de droits pour tous

Transformer la suprématie du financier, de la spéculation

En redistribution, en partage

Soyons à la recherche de nouveaux droits

Qui sécurisent les personnes

Qui remet de l’humain au centre de la vie…

Temps de libre parole pour qui veut la prendre  

Annie

Ces appels des peuples, ce désir de transformation et d’espérance

C’est l’appel d’un Evangile pour aujourd’hui

A construire et à vivre.

Cet appel traverse l’histoire

Il est appel au service et au partage

A la transformation de ce qui nous nourrit,

En repas qui symbolise

La vie qui est créée, qui continue, qui devient résurrection en chacun…

Gilbert

A toi Dieu

Qui seras toujours le mal aimé

Nous voulons dire

Que nous n’oublions rien

De toutes les expériences réellement humaines

Spirituelles, religieuses,

De l’histoire de l’humanité,

Celle en particulier de nos frères juifs et musulmans.

Celle aussi que nous vivons

Avec les femmes et les hommes

Qui rêvent et qui se battent

Pour une humanité autre,

Dans des partis politiques, des syndicats,

Dans des associations humanitaires

Ou simplement dans leur vie de tous les jours.

Nous sommes comme eux :

Nous voulons une terre

Où le respect, l’amitié, et pourquoi pas l’amour

Seront toujours premiers.

Nous l’affirmons

Face à tous les intégrismes

Nous n’avons pas à aimer

Des institutions et des idéologies

Pas même une patrie, pas même une religion

Mais nous avons à nous aimer les uns les autres.

Cela nous le sentons au plus profond de nous.

Nous le savons aussi

Parce que Matthieu, Marc, Luc et Jean

Nous ont rapporté ce qu’ils ont découvert

Au cœur de leur amitié avec un homme nommé Jésus.

C’est pourquoi nous désirons  avec tous les chrétiens du monde

Même en des Eglises différentes, refaire ce geste de la cène.

Annie

Pendant que tous mangent,

Jésus prend du pain

Il rend gloire à Dieu

Il partage le pain

Et le donne à ses amis en disant :

Ceci est ma vie partagée avec vous.

Puis il prend une coupe de vin

Il donne la coupe à ses amis en disant :

Ceci est ma vie partagée avec vous

Faites ceci en mémoire de moi.

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Un temps de transformations… De Passages…

Publié par theoparvis le mars 27, 2011

Le temps des transformations… des passages…

En ces temps où la peur de l’Etranger est ravivée par les calculs électoraux.

En ces temps où les expulsions sont évaluées entre 16 000 et 20 000 euros, avec la brutalité, l’enfermement dans les Centres de rétention, la séparation des familles…

En ces temps où les catastrophes posent la question de la sécurité et de l’avenir du nucléaire…

En ces temps où les peuples Tunisiens, Egyptiens, Libyens, Marocains, Algériens… crient leur soif de justice et de Liberté…

En ces temps où au Forum Social Mondial, des peuples disent qu’un autre monde est possible en redonnant la place à la personne avant le marché, la spéculation, le management…

Il y a un décalage très important entre les actes, la réalité et le désir d’une vie plus humaine où les droits des personnes passent avant la puissance de l’argent, de la spéculation qui détruit les emplois et la sécurité d’un travail.

Il y a un décalage important entre le principe de précaution dans certains domaines et l’aveuglement par l’argent pour les choix de production d’énergie qui entraînent des répercussions sur toute la planète. Une diversification des modes de production doit être encouragée. Les choix financiers, au lieu d’être mis sur les armements destructeurs, les mégacentrales, doivent être réorientés vers les énergies renouvelables et les droits pour les personnes.

Ne fragilisons pas les droits de tous pour que certains exercent leur pouvoir financier et politique qui augmente les inégalités, rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres.

Une autre logique est possible : redonnons la place à la personne dans la société. Redonnons et sécurisons l’égalité d’accès aux droits pour tous, des droits fondamentaux concernant des revenus, de l’activité, de la formation, des droits sociaux, politiques, des droits culturels… Des droit de liberté de circulation, des droits écologiques… C’est un nouveau modèle de développement qu’il est possible de construire.

La crise de l’énergie, l’épuisement des ressources naturelles… Le décalage entre les pays riches et les pays pauvres doit être l’occasion d’élaborer un nouveau modèle de société, de civilisation.

Réfléchissons en terme de droits des personnes et ne soyons pas emportés par le système financier qui s’emballe et entraîne ave lui des catastrophes économiques au détriment de l’humain et des droits pour chaque individu dans une société.

Engageons-nous dans les luttes et les résistances contre le modèle de société imposé par la logique du système financier, « résister, c’est créer »…

Réfléchissons à la question du développement autrement. Recherchons une alternative au marché mondial des capitaux pour construire une autre logique à partir de l’accès aux droits pour tous.

Soyons à la recherche de nouveaux droits et de nouveaux modèles de développement.

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Un vent de Liberté… Une peur de l’Etranger…

Publié par theoparvis le mars 23, 2011

En ces temps

Où la peur de l’Etranger

Revient dans l’actualité,

La peur de l’invasion

Fait apparaître

Du mépris et de la haine.

En ces temps

Où le coût des expulsions

Est évalué entre 16 000 et 20 000 euros

Avec la brutalité,

Les Centres de Rétention,

Les violences,

La séparation des familles.

Il y a un décalage très important

Avec les idées d’accueil, de partage,

De regard humain

Qui reconnait la personne

Qui la protège

Qui apprécie ses compétences.

En ces temps

Où au Forum Social Mondial

Des peuples disent

Qu’un autre monde est possible

En redonnant la place à la personne

Avant le marché, avant la spéculation…

En ces temps où les peuples Tunisiens, Egyptiens,

Libyens, marocains, Algériens

Crient leur soif de justice et de liberté…

Nous pouvons faire le lien

Avec l’Evangile de Matthieu :

« J’avais faim et vous m’avez donné à manger

J’avais soif et vous m’avez donné à boire,

J’étais un Etranger

Et vous m’avez accueilli

Nu et vous m’avez habillé

Malade et vous m’avez soigné

Prisonnier et vous êtes venu me voir.

Dans la mesure où vous faites cela

A l’un des plus petits

C’est à moi que vus l’avez fait. »  dit Jésus.

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Dans ce monde d’incertitude, comment créer un avenir ?…

Publié par theoparvis le décembre 11, 2010

Dans ce monde d’incertitude

Comment créer un avenir ?

Mondialisation

Marchandisation

Spéculation

Délocalisation…

Où est l’humain

Dans ce monde au quotidien ?

Où est la place de chacun ?

Etre humain avant tout

Quand l’argent

Est le seul but pour beaucoup

Etre humain

Quand l’activité manque

Les pauvres plus nombreux.

Comment rechercher du sens

En lien les uns avec les autres

En référence à l’Evangile

De la rencontre

Du partage

De la justice

La place des pauvres

L’accueil de l’étranger…

Un mode de vie qui nous interroge aujourd’hui.

Avenir de la planète

Co-création d’un monde pour tous

Construisons-nous un avenir

Où chacun participe

Débat, dialogue, échange

Cherche un compromis

Pour construire ensemble un avenir ?

Avenir de la planète

Avenir de l’humain

Monde de diversités

De différences…

Soyons créatifs

Attentifs à chacun

Co-créateurs, co-constructeurs

Rejoignons des actions, des réflexions

Rejoignons ceux qui recherchent plus d’humanité, plus de fraternité…                   

 Maurice Elain

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Célébrons les étapes de nos vies…

Publié par theoparvis le octobre 20, 2010

Dans la nature, chaque saison a ses couleurs, il en va de même de nos vies.

 Nous nous souvenons de nos saisons passées et de celles à venir… Allumons des flammes sur notre table de partage d’aujourd’hui, célébration des étapes de notre vie.

 Allumons ou réallumons la flamme de notre jeunesse période regorgeant de la vitalité et de la fraîcheur du printemps, saison de tous les commencements, de tous les possibles, de toutes les audaces.

 Puis s’ouvre la saison laborieuse de l’été – saison des blés murs, saison des engagements professionnels, familiaux, associatifs….-.

Voici la flamme chaude et pleine de vie de la maturité, flamme du mi-temps de la vie.

 Un jour on se retrouve en automne une saison qu’on voudrait arrêter et savourer jusqu’à la dernière goûte de soleil. Les certitudes diminuent.

C’est cependant l’époque des récoltes et il n’est pas trop tard pour semer encore une deuxième récolte. Mais déjà les premières bourrasques se font sentir nous avertissant des fragilités de la vie.

L’automne mêle l’orange et le noir, l’abondance et le vide.

L’automne nous ressemble.

Nous apprenons l’humilité des passages difficiles et des ruptures douloureuses.

Allumons la flamme de nos fragilités, de notre humilité de nos dépouillements et de nos espérances.

L’hiver de la vieillesse arrive toujours trop vite et restreint notre champ d’action, nos possibles.

Il n’est pas facile de voir aller sa vie, de compter les absences, d’attendre les arrivées…

Mais cette saison néanmoins nous permet la poursuite de la croissance. Ce que nous perdons en élan, en audace, nous le gagnons en sagesse.

Les plus belles rides font les plus beaux sourires, elles nous parlent de nos chemins de vie, de nos luttes, de nos compagnonnages, de nos souffrances, de nos espérances.

N’est jamais vieux le coeur qui aime.

Voici la flamme de la confiance, de la sagesse, de l’acceptation, de la prière, de l’Amour.

 

« Depuis que j’ai confié le monde

A la responsabilité des femmes et des hommes

Je suis à la fois émerveillé et inquiet dit Dieu…

 

Ils sont capables d’inventer

Ils n’arrêtent pas d’aller de progrès en progrès

Mais ils n’arrêtent jamais, non plus

De tomber de malheur en malheur.

 

Je suis toujours émerveillé et désarmé

Par le sourire d’un enfant

Devant tous les gestes discrets

Qui viennent en aide.

 

Je suis plein de tendresse

Pour tous les bénévoles

Qui prennent des engagements.

Je suis toujours joyeux

Quand je vois la rencontre

Des grands-parents et des petits enfants.

 

Ce dont j’ai besoin, dit Dieu

Ce n’est pas de vos savoirs

C’est de vous.

 

Maintenant que vous avez quitté

Vos métiers, vos fonctions

Maintenant que vous avez quitté vos titres et vos grades

Il ne nous reste plus que l’essentiel

C’est vous

C’est de vous dont j’ai besoin

Pour que le monde d’aujourd’hui

Ne perde jamais son visage humain …

 

Tout être porte en lui l’histoire de l’humanité… »

 

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Rue de La Liberté…

Publié par theoparvis le août 22, 2010

La grand’rue de la liberté

Monsieur l’agent, où donc est-elle ?

Ce n’est une rue nouvelle

Depuis l’temps qu’j'en entends parler…

Cependant, si vous permettez

Je crois savoir, et c’est logique

Qu’ell’ commence à la république

La grand’rue de la Liberté…

On m’a dit qu’elle est décorée

De drapeaux, et l’on dit encore

Qu’on peut pavoiser tricolore

Sans passer pour un demeuré…

Dans la rue de la Liberté…

La grand’rue de la Liberté

Est immense et bien accueillante

On y danse et puis l’on y chante

Tout ce qu’il vous plaît de chanter…

On peut, sans se faire insulter

S’y prom’ner à gauche ou à droite

On n’a pas les idées étroites

Dans la rue de la Liberté…

Et mêm’ quand on n’a pas d’idées

On peut l’avouer sans méfiance

Pourquoi pas ? Puisqu’on est en France

On n’a pas de maître à penser

Dans la rue de la Liberté…

La grand’rue de la Liberté

Quand, paraît-il, on s’y balade

Ne porte rien sur ses façades

Ni slogans, ni publicité…

Jamais, jamais vous n’y lirez

Des mots de haine ou de menace

On respecte la vie qui passe

Dans la rue de la Liberté…

C’est pourquoi j’voudrais la trouver

Avant d’avoir les tempes grises

Ou avant qu’on la rebaptise

Du nom d’un général d’armée…

La grand’rue de la Liberté…

La grand’rue de la Liberté…

Pour qu’elle reste magnifique

Faut pas la mettre à sens unique

Ni qu’on en fass’ un’ rue barrée…

Et tout ce que l’on peut souhaiter

Etant donné qu’la Terre est ronde

C’est qu’elle fass’ le tour du monde…

La grand’rue de la Liberté !.

                                                         Jean-Roger Caussimon.

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Eté 2010

Publié par theoparvis le juillet 18, 2010

Eté 2010

Quel été pour notre vie ?

Dans ce temps où la rigueur non dite est là…

Entre deux manifestations pour les retraites

La préparation des lois répressives contre les étrangers

La déroute de l’équipe de France de foot-ball.

Dans cette morosité

Comment faire renaître un été d’espoir ?

Revenons à une vie quotidienne

Le temps de faire le vide

De se désencombrer de l’inutile

Le temps de contempler, comme cela, en passant

Cette nature : arbres, fleurs, océans, montagnes…

Cette nature qui se moque bien de nos peurs du vide.

Le temps d’écouter le silence

Le temps de réapprendre l’autre

De trouver entre lui et moi

Le creux d’une distance

D’une Autre distance.

Oser marcher sur les vagues de l’existence

Etre guetteur des rivages de demain

Se découvrir vigie pour annoncer qu’une parole de vie

Est offerte à l’horizon

Oser être passeur

Imprégné de l’Evangile et de l’humanité

Ouverts aux évènements, à l’inattendu

Passionné par le symbole et le langage

Femmes et hommes de plein vent

Toujours attentifs

A celui qui est exclu…

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Crise et métamorphose…

Publié par theoparvis le mai 18, 2010

Tout est à transformer pour créer de nouvelles raisons d’espérer.

 Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux il se dégrade, se désintègre ou il se transforme, se métamorphose. Le système terre est incapable de s’organiser pour traiter ses problèmes vitaux : la dégradation de la biosphère, le péril nucléaire, l’économie mondiale sans vraie régulation, le retour des famines, les conflits ethno-politico-religieux se développent dans de nombreux pays.

Le probable est la désintégration, l’improbable mais possible est la métamorphose. La métamorphose telle la chenille qui devient papillon passe par un processus à la fois d’autodestruction et d’autoreconstruction.

Des sociétés historiques au Moyen-Orient, en Inde, en Chine, au Mexique, au Pérou… ont réussi une métamorphose en partant de sociétés archaïques vers des sociétés développées : les sociétés historiquement construites disposent d’armes d’anéantissement qui peuvent entraîner la destruction de l’humanité. Les capacités créatrices de l’évolution humaine semblent épuisées avec la démocratie représentative et l’économie libérale.

L’idée de métamorphose est plus riche que l’idée de révolution, elle est transformatrice et dans la continuité et la conservation de la vie, de l’héritage des cultures.

Pour aller vers la métamorphose comment changer de direction. Est-il possible de freiner                           le déferlement techno-scientifico-économico-civilisationnel qui conduit la planète au désastre. L’histoire humaine a souvent changé de voie. Tout commence toujours par une innovation, un nouveau message marginal, modeste, souvent invisible aux contemporains. Ainsi ont commencé les grandes religions : Bouddhisme, Christianisme, Islam … Le capitalisme s’est développé avec la société industrielle en désintégrant les royautés.

La science moderne s’est développée à partir de quelques esprits déviants : Galilée, Descartes… Le socialisme est né de quelques esprits autodidactes… Aujourd’hui tout est à repenser. Tout est à recommencer. Tout recommence sans qu’on le sache. Il existe sur tous les continents un bouillonnement créatif, une multitude d’initiatives locales dans le sens de la régénération économique, sociale, politique, cognitive, éthique … Il existe une pluralité                              de chemins réformateurs.

Il faut à la fois mondialiser et démondialiser, croître et décroître, développer et envelopper.                              

Mondialiser et démondialiser c’est multiplier les processus de communication tout en gardant une appartenance à une Terre-Patrie, promouvoir de façon démondialisée l’alimentation de proximité, les artisanats de proximité, des commerces, des services de proximité, des communautés locales et régionales.

Croître et décroître signifie qu’il faut augmenter les services, les énergies vertes                                                                             les transports publics, l’économie plurielle dont l’économie sociale et solidaire, les aménagements d’humanisation des mégapoles les agriculteurs biologiques en décroissant les intoxications, les pesticides, la nourriture industrialisée la production d’objets jetables, non réparables, le trafic automobile, le trafic camion.

Développer et envelopper signifie que l’objectif n’est plus fondamentalement le développement des biens matériels, de la rentabilité, du calculable mais aussi le retour de chacun sur ses besoins intérieurs, sa vie intérieure, le lien avec autrui, la fraternité, l’amitié…

Il ne suffit pas de dénoncer, il faut maintenant construire les raisons d’espérer ?

 

L’improbable peut surgir, l’inattendu peut arriver car la résistance s’organise et la créativité est à l’oeuvre. De même qu’il existe dans tout organisme humain des cellules souches dotées d’aptitudes polyvalentes de même il existe en tout être humain, en toute société humaine des possibilités génératrices, régénératrices. “Là ou croît le péril croît aussi ce qui sauve”, la chance suprême est inséparable du risque suprême.

L’aspiration multimillénaire de l’humanité à l’harmonie (paradis, utopie, idéologie, aspirations, révoltes, résistances…), ces aspirations renaissent dans le grouillement des initiatives multiples qui pourront nourrir des voies réformatrices.                                                                                     

Aujourd’hui la cause est sublime : il s’agit de sauver l’humanité. C’est une espérance en un monde meilleur.

L’origine est devant nous, disait Heidegger, la métamorphose peut être une nouvelle création.      

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